Varèse, le visionnaire

Densité Edgar Varèse

Varèse, un des compositeurs les plus étonnants du XXe Siècle

Le 6 Novembre 1965 disparaissait à New-York Edgar Varèse, généralement considéré comme l'un des compositeurs les plus surprenants et  importants du XXe siècle. Souvent qualifiée de visionnaire, son oeuvre a durablement marqué les esprits.
Très tôt, le compositeur se détache des méthodes classiques de composition, pour chercher de nouvelles voies de création. C'est ainsi qu'il développa l'exploration de "la matière sonore", notamment grâce aux progrès de l'électro-acoustique naissante.

Edgard Varese
Edgard Varese

Si Varèse rencontre beaucoup de compositeurs contemporains (Vincent d'Indy et Albert Roussel à la Schola Cantorum de Paris en 1903-1905, Charles-Marie Widor au Conservatoire de Paris en 1905, Richard Strauss, Ferruccio Busoni et Karl Muck, Romain Rolland puis Debussy, il reste très attaché au travail sur les masses sonores et l'expression chromatique.

Densité 21,5 pour flûte: une de ses oeuvres les plus emblématiques

Densité 21,5 est une œuvre pour flûte traversière seule composée par Edgard Varèse en 1936 et qui a vu sa version définitive en 1951. Elle a été composée à la demande du flûtiste Georges Barrère, qui venait d'acquérir une flûte en platine. La densité du platine étant de 21,5 (pour un volume identique, ce métal est 21,5 fois plus lourd que l'eau), c'est donc naturellement que Varèse donna le nom de Densité 21,5 à sa composition.

D'une durée d'exécution d'environ cinq minutes, cette oeuvre, uniquement basée sur deux courtes idées mélodiques, a durablement marqué les esprits de l'époque. L'écriture monodique, utilise des « bruits de clés », correspondant à un bruit de percussion de plusieurs clés de la flûte.

Densité 21,5 :  61 mesures très en avance sur leur temps

Souvent décrite comme un cri déchirant, ayant représenté une onde de choc dans l'histoire de la musique, l'oeuvre réussit la prouesse d'associer une grande profondeur lyrique, avec une économie de moyens exemplaire.

 

Edgar Varèse et André Jolivet

Entre les deux compositeurst s'est nouée une relation forte, pouvant s'apparenter à "de maître à disciple". Jolivet n'a jamais caché l'influence qu'a eu Varèse sur ses compositions.

L'étude avec Varèse, de tous les aspects de l'écriture moderne, m'avait amené à adopter un certain nombre de principes de Schönberg, que j'ai toujours utilisés selon les exigences de mon expression personnelle [...]  Les points essentiels que j'ai retenus de la fréquentation de Varèse sont l'acoustique, le rythme et l'orchestration [...] L'acoustique, c'est à dire les dispositions instrumentales donnant les meilleurs résultats sonores [...] et Varèse m'a astreint à une discipline atonale plus sévère que elle des dodécaphonistes.

Entretien avec Antoine Goléa.
Dans Brigitte et Jean Massin,
« Histoire de la musique occidentale»,
Messidor, Paris 1983, (II) p. 362


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jean-serge Lubeck

Rédacteur, concepteur, community manager et...mélomane

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